Galabé, épisode II

Galabé – Pourquoi ce sucre artisanal est incomparable

Lorsque je parle du Galabé avec des Réunionnais, il m’arrive d’entendre :

  • « Ah oui, le sucre fait à partir du sirop la cuite »
  • Ou pire : « à partir de la mélasse ? »

Clarifions les choses.


Ce que sont vraiment le sirop la cuite et la mélasse

Ces deux produits proviennent du processus industriel de fabrication du sucre :

  • Le sirop la cuite est le premier sirop, riche en sucre, mais déjà filtré à la chaux.
  • La mélasse est un résidu, pauvre en sucre, utilisé notamment pour produire du rhum industriel.

Dans les deux cas, ces sirops sont issus de jus de canne traités pour faciliter la cristallisation : filtration, purification, ensemencement… Ce sont des sous-produits du sucre raffiné.


Comment fonctionne l’industrie sucrière

Que ce soit pour du sucre de canne ou de betterave, blanc ou roux, les étapes industrielles sont identiques :

  1. Récolte et broyage massif de la matière première (souvent non lavée)
  2. Filtration à la chaux
  3. Ajout de cristaux de saccharose pour ensemencement
  4. Cristallisation en cuve, puis séparation et séchage

Résultat : un sucre neutre, désaromatisé, sans singularité. Un sucre standard.

Le sucre blanc de betterave et le sucre blanc de canne deviennent indiscernables à la dégustation : on ne perçoit plus que le goût sucré.


Et le Galabé alors ?

Le Galabé, lui, suit un tout autre chemin :

  • Les cannes sont cueillies à maturité
  • Je les lave, les brosse, puis les presse soigneusement
  • Le jus obtenu est mis en cuisson lente, sans aucun additif

Aucune filtration à la chaux. Aucun ajout de sucre raffiné.
Le jus conserve toute sa richesse aromatique.

Ce que vous obtenez, c’est un sucre brut, complet, vivant, dont la robe brun profond cache une véritable explosion de saveurs.


Galabé vs sucre industriel : le comparatif éclairant

Galabé artisanal Sucre industriel
Jus de canne frais, lavé manuellement Jus broyé en masse, non lavé
Cuisson artisanale lente Filtration chimique et standardisation
Produit unique, riche en arômes Produit neutre, sans personnalité

Le Galabé est au sucre blanc ce que le rhum agricole est au rhum industriel : un produit d’origine, respectueux de la plante et de sa mémoire aromatique.


Pourquoi le Galabé vous surprendra toujours

Ce sucre n’est pas un ingrédient anodin. C’est un véritable concentré d’émotions et de sensorialité.

Il réveille des souvenirs d’enfance, sublime une infusion ou un yaourt, se croque comme une friandise.

Il offre une vraie richesse de goût, sans artifice. Et nous rappelle que moins n’est pas toujours plus


Vous souhaitez découvrir le vrai goût du sucre ?

Commandez notre Galabé réunionnais artisanal en cliquant ici et (re)découvrez ce que signifie vraiment le mot « sucré ».

Galabé, épisode I

Galabé – Un sucre réunionnais d’exception, brut et parfumé

Sur les salons ou les marchés de producteurs, je prends un plaisir tout particulier à vous faire découvrir un trésor de la canne à sucre : le Galabé.

Ce sucre artisanal brut est issu des cannes anciennes que je cultive dans mon propre jardin, situé dans les Hauts de l’Étang Salé, au cœur du Lambert, à La Réunion. Parmi elles, la canne Bonbon, la Mapou ou la Tamarin – des variétés oubliées, plus fragiles, mais infiniment parfumées.

Je délaisse volontairement les variétés industrielles, créées pour la performance, pour préserver ce que j’appelle crânement une « haute couture de notre tradition sucrière réunionnaise ».


Le sucre brut de canne dans le monde : chaque pays a sa version

À travers le monde, les pays producteurs de canne ont développé leurs propres versions de sucres bruts non raffinés :

  • Jaggery ou gur en Asie du Sud
  • Rapadura, panela, piloncillo ou chancaca en Amérique latine

Le terme rapadura est d’origine brésilienne mais connu en Europe via une marque allemande. À La Réunion, c’est le Galabé qui porte fièrement cette tradition.


Comment est fait le Galabé ?

Le Galabé est un sucre de canne complet, brut et non raffiné. Il est obtenu par simple évaporation de l’eau contenue dans le jus de canne fraîchement pressé.

Mais attention : comme pour le rougail saucisse, chaque famille a sa recette ! Le résultat varie selon :

  • La variété de canne (comme entre une pomme golden et une granny smith)
  • Le terroir (Hauts de l’île vs. littoral)
  • Le geste de l’artisan cuiseur/confiseur

Des arômes puissants et inimitables

À la dégustation, le Galabé offre des notes incroyablement parfumées de réglisse et de miel.

Autrefois, il était considéré comme une confiserie à part entière, présenté en petits morceaux.

Ce qui différencie fondamentalement le Galabé d’un sucre roux industriel, c’est le processus de fabrication. Le sucre industriel passe par des traitements, des filtrations, des ajouts… Le Galabé, lui, garde tout.

Et c’est cette authenticité qui le rend si unique.

Je vous explique tout cela en détail dans le prochain article…


Envie d’y goûter ?

Curieux de goûter au Galabé artisanal ?
Cliquez ici pour découvrir notre dernière récolte.

les nouveautés du mois d’août

Le Galabé : Un Trésor de la Tradition Sucrière Réunionnaise

C’est le sujet de ma dernière newsletter, la dernière depuis… oulala, comme le temps passe !

Je vous en parle dans quelques lignes, mais avant, place au voyage.

Rejoignez-moi pour une Diffusion en Direct depuis La Réunion !

Envie d’un voyage quotidien vers les merveilles de la Réunion ? Rejoignez mon groupe privé Instagram « Réunion de rentrée » et assistez chaque matin en direct à une promenade immersive dans mon jardin créole entre le 6 septembre et le 6 octobre. 🍃🍫

C’est ma façon de vous embarquer avec moi pour vous faire découvrir l’origine des produits Réunionnais que vous retrouvez à l’atelier-comptoir parisien. 🌺✨

Comment Participer :

  1. Abonnez-vous à mon compte Instagram @lacailleblanche (si ce n’est pas déjà fait).
  2. Mentionnez votre souhait de rejoindre le groupe privé dans un commentaire dans un post (#Réunionderentrée).

Déjà abonné ? Super ! Il vous suffit de laisser un commentaire (#Réunionderentrée) pour être ajouté au groupe.

💡 Astuce : Vous êtes libre de quitter le groupe à tout moment en le demandant en commentaire.

Prêt pour cette aventure gourmande et tropicale ? Je vous attends avec impatience pour partager ensemble ces moments uniques : je vous embarque dans mes bagages ! 🌺✨

Voilà voilà pour la partie voyage de la rentrée.

 

 

Nous parlions donc de galabé.

En substance :

Le Galabé est un produit unique et précieux, issu de la tradition sucrière de l’île de La Réunion. Contrairement aux sucres industriels raffinés, le Galabé est un sucre brut de canne non raffiné, qui conserve toutes les nuances aromatiques et les propriétés nutritionnelles de la canne à sucre. Ce produit est un véritable trésor, à la fois pour ses qualités gustatives et pour son histoire ancrée dans le patrimoine réunionnais.

Qu’est-ce que le Galabé ?

Origine et Tradition

Le Galabé, comme de nombreux sucres bruts à travers le monde, trouve ses racines dans les méthodes artisanales de transformation de la canne à sucre. Chaque région ayant une tradition sucrière possède sa propre version de ce sucre non raffiné : le « gur » en Inde, la « panela » en Amérique du Sud, et bien sûr, le Galabé à La Réunion.

Méthode de Fabrication

La fabrication du Galabé commence par la récolte de variétés anciennes de canne à sucre, comme la canne Mapou, Tamarin, ou Bonbon, cultivées dans les Hauts de l’Étang Salé. Ces cannes sont soigneusement brossées et lavées avant d’être pressées pour en extraire le jus. Contrairement aux processus industriels, aucune filtration à la chaux n’est utilisée. Le jus est simplement mis en cuisson pour évaporer l’eau et concentrer les sucres naturels, donnant ainsi un sucre complet, riche en arômes de réglisse et de miel.

Comparaison avec les Sucres Industriels

Différences de Processus

Les sucres industriels, qu’ils soient roux ou blancs, subissent de nombreuses étapes de raffinage, incluant une filtration à la chaux et l’ajout de cristaux de saccharose pour favoriser la cristallisation. Ce processus élimine la plupart des impuretés mais également les composés aromatiques, ne laissant qu’un produit standardisé sans caractère. En revanche, le Galabé, grâce à son processus de fabrication minimaliste, conserve toutes les nuances aromatiques de la canne à sucre.

Profil Aromatique

La dégustation du Galabé est une expérience incomparable. Les notes de réglisse et de miel sont si prononcées qu’on le considérait autrefois comme une confiserie à part entière. En comparaison, le sucre roux ou blanc apparaît fade et monotone. Le Galabé est au sucre blanc ce que le rhum agricole est au rhum industriel : un concentré de terroir et d’authenticité contre un produit uniformisé.

Usage et Dégustation

Le Galabé se prête à de nombreuses utilisations en cuisine et en pâtisserie. Il peut être utilisé pour sucrer des boissons, des desserts, ou encore des plats salés, apportant une profondeur de saveur inégalée. Il est également délicieux à déguster tel quel, en morceaux, comme une gourmandise.

Conclusion

Le Galabé est bien plus qu’un simple sucre. C’est un produit d’exception, reflet d’un savoir-faire ancestral et d’un terroir unique. Pour en savoir plus sur le Galabé et ses applications, n’hésitez pas à explorer les articles à venir sur mon blog sucré, à visiter mon atelier, ou à me suivre sur les réseaux sociaux.

A bientôt, peut-être en direct de la Réunion 🙂 !?

NEWSLETTER #9 : Le Galabé, Trésor de la Tradition Sucrière Réunionnaise – juillet 2024

Découvrez le Galabé, sucre brut artisanal de La Réunion, issu de cannes anciennes cultivées à l’Étang Salé. Un trésor de la tradition sucrière, apprécié des chefs pour sa richesse aromatique unique.

Le Galabé : Trésor de la Tradition Sucrière Réunionnaise

Qu’est-ce que le Galabé ?

Le Galabé est un sucre brut de canne à sucre non raffiné, profondément enraciné dans la tradition sucrière de La Réunion. Pour ma part, je le fabrique à partir de variétés anciennes de canne à sucre cultivées dans mon jardin du Lambert, situé dans les Hauts de l’Étang Salé. Contrairement aux sucres industriels, le Galabé est le résultat d’un processus artisanal qui préserve toute la richesse aromatique de la canne.

Une Méthode de Fabrication Unique

  • Récolte des Cannes à Sucre : Les cannes sont récoltées à maturité, puis soigneusement brossées et lavées pour éliminer les impuretés.
  • Pressage et Extraction du Jus : Le jus est extrait par pressage, riche en saveurs naturelles.
  • Cuisson et Concentration : Le jus de canne est cuit lentement sans filtration à la chaux ni ajout de saccharose, pour conserver ses nuances aromatiques naturelles.

Un Profil Aromatique Inégalé

Déguster le Galabé, c’est vivre une expérience sensorielle : des notes de réglisse et de miel, une texture onctueuse, un goût profond et complexe. Autrefois considéré comme une confiserie à part entière, le Galabé se distingue radicalement des sucres raffinés.

Galabé vs Sucres Industriels

Les sucres industriels subissent un raffinage intensif qui supprime toute l’identité du produit. Le Galabé artisanal, lui, conserve les arômes originels de la canne, à l’image d’un rhum agricole face à un rhum industriel. C’est un produit d’exception, porteur de sens et de terroir.

Un Choix Prisé par les Chefs

Le Galabé a conquis les cuisines des chefs parisiens. Francesca Ronco, cheffe pâtissière du restaurant Alliance à Paris (une étoile Michelin), vient sélectionner elle-même les lots dans mon atelier. Elle choisit ses Galabés selon les variétés de canne pour créer des desserts d’exception, en accord parfait avec la richesse aromatique du produit.

Utilisations du Galabé

  • Sucrer les boissons : thés, cafés, cocktails
  • Desserts : gâteaux, crèmes, confiseries maison
  • Plats salés : viandes caramélisées, sauces exotiques

Conclusion

Le Galabé est bien plus qu’un sucre : c’est un symbole du patrimoine réunionnais, le fruit d’un savoir-faire ancestral et d’une exigence artisanale. L’intégrer à vos recettes, c’est soutenir une confiserie artisanale engagée et préserver un trésor de La Réunion.

Pour en savoir plus sur le Galabé, suivez-moi sur Instagram : @lacailleblanche
Ou passez me voir à l’atelier pour une découverte gourmande en personne.

Les nouveautés du mois de juin

Découvrez une partie de l’île de la Réunion et mon univers de confiseur : dégustation de canne à sucre cristallisée du jardin familial du Lambert, initiation à la caramélisation de fruits secs ou à la préparation d’un caramel aux fruits. Je vous reçois avec plaisir dans mon atelier-comptoir du quartier Saint-Lambert, Paris 15ème.

 

3 ateliers en lice :

* Découvrez la canne à sucre et dégustez des sirops d’exception

Première date : vendredi 30 juin !

 

*Réalisez votre caramel aux fruits

Première date : samedi 8 juillet !

 

 

*Réalisez vos confiseries chocolatées

Première date : samedi 8 juillet

 

NEWSLETTER #8 : Guimauve : le saviez-vous ? – mars 2021

Guimauve : le saviez-vous ? épisode II

 

Avant d’être la confiserie que nous connaissons en ce début de 21ième siècle, à savoir un bonbon à la texture souple et moelleuse, composé d’un arôme (naturel ou artificiel), d’un agent gélifiant (d’origine animale ou végétale), de glucose, de sucre et éventuellement de blanc d’œuf, la pâte de guimauve se trouvait en bonne place dans la dernière des 8 catégories du vaste domaine des confitures. Sur ce domaine régnait le « confiturier » ou « confiseur », marchand spécialisé dans leur fabrication et dans leur vente. Autres temps, autres mœurs : la catégorie qui nous intéresse était celle des conserves, ex apanage des apothicaires passés maîtres dans la composition de mélanges de sucre (produit rare et cher, venu du levant) et de plantes médicinales. L’objectif était fort simple : rendre l’absorption de ces dernières plus agréables. Ainsi, en ces temps lointains, lorsque la nature imposait ses saveurs aux plus fortunés, au rythme des saisons, et non l’inverse, la pâte de guimauve offrait aux gourmands le triple bénéfice d’une saveur sucrée fort prisée, aux vertus adoucissantes et résolutives (grâce à une décoction à base de guimauve officinalis), riche en fibre (grâce à la gomme arabique).

Plus tard, bien plus tard, la découverte du sucre de betterave ainsi que l’avènement d’innovations techniques et industrielles démocratisèrent l’accès à la confiserie, en permettant une production de masse à moindre coût. Nous sommes alors au 19ème siècle. Corollaire de cette évolution inéluctable, une qualité bousculée, au grand dam des confiseurs français. Ces derniers, fort mécontents, virent grandir leurs compétiteurs anglais et américains, plus attachés à de grandes quantités et à des coûts peu élevés. Dans les revues spécialisées de l’époque, au-delà des reproches d’utilisation abusive de produits et colorants nocifs pour la santé, on perçoit d’ailleurs un mépris subtilement distillé dans les présentations de recettes outre-Atlantique sur « cet article [pâte de guimauve] vendu bon marché et fabriqué le plus économiquement possible » (Le Journal des confiseurs-pâtissiers, chocolatiers, fabricants de biscuits, confitures, fruits confits, sirops, liqueurs – numéro du 15 août 1894)

Or, la pâte de guimauve, pour ne citer qu’elle, nécessitait à la fois minutie et main d’œuvre dans sa préparation. Soit un équivalent temps et coût matières incompatibles avec les enjeux de rentabilité économique. C’est ainsi que disparurent décoction de guimauve et travail de gomme arabique, au profit d’ingrédients qui n’avaient plus rien à voir avec l’utilisation des matières premières ayant vu naître la friandise.

Pour autant, le mal était-il fait ? S’ils les avaient jamais connues un jour, les gourmands avaient oublié depuis longtemps les origines d’une de leur confiserie favorite, attachés à ces morceaux de bonheur ouatés, mais distraits par leurs couleurs, leurs saveurs et leurs formes nouvelles déclinées à l’envie. Le plaisir était là, avait toujours été là et le serait toujours. Avec lui, soyez sereins, des artisans confiseurs curieux, passionnés, garants d’un savoir-faire, et surtout capables de vous proposer des produits travaillés à partir de matières premières choisies en conscience.

En ces temps compliqués, ce plaisir, offert de bon cœur, est ce qui importe le plus. Je dirais même qu’il est essentiel 😊!

 

Pour vous abonner à la Newsletter de La Caille Blanche : cliquez ici

 

 

NEWSLETTER #7 : Guimauve : le saviez-vous ? – février 2021

Guimauve : le saviez-vous ?

La guimauve se positionne dans le top 5 des bonbons les plus appréciés des français. Probablement grâce à sa texture moelleuse, légère et souple, qui lui confère son côté doux et tendre. Rassurant comme un doudou lorsqu’un besoin impérieux de réconfort vous presse d’en glisser un, voire deux, sur votre langue. Avec la volupté de croquer dans un nuage duveteux. Dont vous avez très envie qu’il vous enveloppe. Que vous soyez petit… ou grand !

Si malgré l’usage du terme « guimauve », vous ne voyez pas de ce dont il s’agit, alors vous faites partie des plus jeunes qui ne reconnaîtront ce bonbon que sous le nom d’une marque commerciale aux consonances anglo-saxonnes : chamallow.

Sans être vieux jeu, je suis attachée à son appellation française, autant que le sens du mot juste me fera dire « j’achète une bouteille de vin » et non « j’achète une bouteille de wine ». Cela, pour deux raisons.

La première, linguistique.

Avant d’être une confiserie, la guimauve est une plante vivace venue des steppes asiatiques bien avant l’ère chrétienne. Elle s’est acclimatée en Europe avec facilité, dans des terrains humides à marécageux, près des littoraux.

Son nom scientifique, Althaea officinalis L., dérive du grec althainô, « guérir ». Depuis l’antiquité, feuilles, tiges et racines sont utilisées en infusion, décoction et autres sirops, pour leurs propriétés adoucissante, émolliente, apaisante, en usage interne ou externe. Au siècle des Lumières, dans la « Nouvelle instruction pour les confitures, les liqueurs, les fruits. Où l’on apprend à confire toute sorte de fruits, tant secs que liquides & divers ouvrages de sucre qui sont du fait des officiers & confiseurs » (1715, réédition de 1692) la guimauve est même évoquée pour le « teint des dames ».

Son nom vernaculaire : « guimauve » en français, « marshmallow » en anglais (littéralement, la mauve -mallow- des marais -marsh).

D’où ma volonté affichée, en toute simplicité, de défendre la langue de Molière : nul besoin de chercher à l’étranger ce que j’ai sous la main. Circuit court linguistique en quelque sorte…

La deuxième, historique.

Sous la forme d’une pâte, la guimauve, jadis utilisée pour ses vertus médicinales, devient friandise à la fin du XVIIIe siècle. Réalisée à partir d’une décoction de racines de guimauve, de gomme adragante, et de sucre, elle quitte peu à peu pharmacies et apothicaireries pour migrer chez les confiseurs, qui la rendent plus souple, plus aérienne, la parfument à la fleur d’oranger. Deux innovations techniques françaises sont à l’origine de la texture que nous lui connaissons : le battage de la préparation pour lui donner du volume et l’introduction de blanc d’œuf monté en neige pour l’alléger davantage.

En désignant ce bonbon par son appellation française, « guimauve », je rends ainsi hommage à notre patrimoine gourmand. Je lutte, de façon pacifique, contre l’effacement facile d’une mémoire malmenée par le rythme effréné des temps modernes.

Ce même rythme, allié à des impératifs industriels et économiques, est à l’origine des évolutions de la composition de la pâte de guimauve. Dans les pâtes modernes, plus de guimauve. En lieu et place de gomme, des gélatines (d’origine animale ou végétale). En lieu et place de parfums naturels, des arômes (souvent). Dommage. Trois fois dommage…

Je vous explique tout cela dans la prochaine newsletter. Promis 😊 !

 

Pour vous abonner à la Newsletter de La Caille Blanche : cliquez ici

 

 

 

Le pâté créole, par Cheffe Kelly

Je vous livre la recette revisitée avec bonheur par la cheffe étoilée Kelly Rangama, qui la dévoila lors de la diffusion de l’émission Voyages & Délices (samedi 23 janvier 2021 de 10h45 à 11h15 sur France 3).

Pour davantage de précision, j’aurais d’ailleurs dû écrire « recette revisitée avec bonheurS », car ces derniers sont multiples : bonheur de la simplicité d’exécution, bonheur de la rapidité d’exécution, bonheur de la légèreté dans la mise en oeuvre, bonheur des associations de textures et de saveurs.

Principe de la recette : préparer une viande que l’on badigeonne de marinade avant de l’enfourner. En sortie de four, la détailler puis replacer les morceaux dans la sauce pour bien  les imprégner. Déposer ensuite dans chaque assiette quelques morceaux de viande que l’on recouvre de crumble, puis décorer avec quelques bruns de persinette (facultatif). Servir.

Fidèle à mon crédo, lorsque vous vous trouvez aux commandes de vos chaudrons : faîtes-vous plaisir ! Aussi, variez les épices à l’envie, le dépaysement n’en sera que plus grand.

Pour cette recette, vous aurez besoin de :

Pour la viande et la marinade

  •       – 400 g de palette (ou d’échine…en plateau, recette réalisée avec de la palette…)
  •       – 50 g de vin blanc sec
  •       – 50 g de sauce soja
  •       – 50 g de sauce d’huître
  •       – thym frais
  •       – curcuma (1 c. à café)
  •       – 2 oignons
  •       – 3 gousses d’ail
  •       – 1 pincée de sel
  •       – huile pour la poêle
  •       – persinette (pour le dressage)
  • Note : la cuisson se fera à 180°, chaleur tournante, pendant 45 minutes

Pour le crumble

  •       – 125 g de farine
  •       – 22,5 g de sucre
  •       – 22,5 g de galabé (remplaçable par un autre sucre brut non raffiné, type muscovado)
  •       – 80 g de beurre découpé en petits dés/morceaux (pour faciliter le sablage)
  •       – thym frais
  •       – 1 pincée de sel
  •       – 1 pincée de colombo
  • Note : la cuisson se fera à 160°, chaleur tournante, pendant 15 minutes

Préparation

… La viande…

  1. Préparer la marinade, en mélangeant le vin blanc, la sauce soja, la sauce d’huître et le curcuma. Réservez.
  2. Coupez les oignons en 4, pelez l’ail et détaillez le.
  3. Piquez la palette avec l’ail.
  4. Saisir la viande (pour la colorer légèrement), dans une poêle bien chaude préalablement huilée.
  5. Ajoutez les oignons, le thym dans la poêle.
  6. Faîtes revenir le tout 2 à 3 minutes, avant de le débarrasser dans le plat qui ira au four.
  7. Badigeonnez la viande avec la marinade.
  8. Couvrir le plat avec une feuille d’aluminium.
  9. Enfournez pendant 45 minutes, à 180 °C chaleur tournante.
  10. En sortie de four, détaillez la viande et déposez les morceaux dans la sauce pour qu’ils s’en imprègnent.

… Le crumble…

  1. Recouvrez une plaque de four d’un tapis de silicone ou d’une feuille de papier sulfurisé.
  2. Pilez le galabé.
  3. Mélangez dans un bol, farine, galabé, sucre, pincée de sel, pincée de colombo, thym frais.
  4. Ajoutez le beurre et sablez.
  5. Versez la préparation sur la plaque de four.
  6. Enfournez pendant 15 minutes, à 160 °C chaleur tournante.

… Le dressage…

  1. Déposez dans chaque assiette 3 morceaux de viande.
  2. Recouvrir de crumble.
  3. Décorez avec la persinette.
  4. Servez.

Bon appétit !

 

NEWSLETTER #6 : UN BONBON PLUS QU’UN SUCRE – janvier 2021

Galabé, épisode II

Souvent, très souvent, lorsque j’entame une discussion sur le Galabé avec des Réunionnais, on me dit : « ah oui, ce sucre fait à partir du sirop la cuite ».
Ou pire : « ah oui, ce sucre fait à partir de la mélasse » …

Avant d’aller plus loin, quelques précisions utiles sur les termes « sirop la cuite » ou « mélasse ».
Ces deux sirops ont en commun d’être des sirops de sucre réalisés lors d’un même processus industriel pour la fabrication du sucre.
Dans ce processus, le sirop passe par une filtration à la chaux avant d’entamer son cheminement de cristallisation.
De toutes les étapes de ce processus, le sirop la cuite est le premier sirop « lavé à la chaux », le plus riche en sucre.
La mélasse en revanche, est un sirop appauvri, « rincé », après une ou plusieurs phases de cristallisation. C’est à partir de la mélasse que l’on fait ensuite du rhum traditionnel (rhum industriel obtenu à partir de la distillation du résidu de la fabrication du sucre).
En résumé : le sirop la cuite et la mélasse sont les produits de deux étapes différentes d’un même processus industriel.

Pour tous les sucres industriels de la planète, roux ou blanc, de canne ou de betterave, les étapes sont identiques : récolte en masse, broyage en masse sans lavage préalable des fruits récoltés afin d’extraire un jus sucré, filtration à la chaux de ce jus pour floculer boues, impuretés et autres éléments nuisant à la cristallisation, ensemencement du jus « lavé à la chaux » par ajout de fin cristaux de saccharose déjà formés, cristallisation, récupération des cristaux en centrifugeuse, puis séchage.
Pour les sucres roux, des étapes supplémentaires existent afin d’obtenir un sucre de canne blanc, entièrement raffiné, qui ne sera plus que du saccharose (molécule qui compose le sucre blanc), sans aucune note aromatique.
Le sucre blanc de betterave étant lui aussi un concentré de saccharose, il est alors impossible, pour un palais « normal » de distinguer l’un de l’autre lors d’une dégustation en aveugle : le seul qualificatif qui pourra vous venir à l’esprit est : « sucré ».

Quid pour le Galabé

Le Galabé, issu de la tradition artisanale sucrière Réunionnaise, est au sucre blanc ce que le rhum agricole est au rhum industriel : d’un côté vous conservez toutes les subtilités des notes aromatiques des variétés de cannes différentes (ou pas) que vous travaillez, de l’autre, vous obtenez un produit standard sans caractère.

Lorsque les cannes sont à maturité, je les coupe, puis je les brosse et les lave avant de les presser et d’en récupérer le jus mis en cuisson pour cristallisation.
Aucune filtration à la chaux. Aucun ajout de saccharose. Un jus de canne goûteux aux notes spécifiques des cannes qui le composent. C’est tout.
Le sucre parfumé que j’obtiens, le Galabé, est brut, non raffiné, complet : il a tout gardé puisque je ne lui ai rien enlevé, à aucun moment (bien évidemment sauf l’eau contenu dans le jus, évaporée en cours de cuisson).
Et c’est cette différence fondamentale de processus, entre la fabrication d’un sucre industriel et celle d’un sucre artisanal, qui explique ce saut quantique en terme de goût.

Moins n’est pas toujours plus 😉 !

Pour vous abonner à la Newsletter de La Caille Blanche : cliquez ici

NEWSLETTER #5 : SUCRE OU BONBON – novembre 2020

Le Galabé en question…

Sur les marchés de producteurs ou les salons, il est un produit que j’aime particulièrement vous faire découvrir. Un produit issu de la canne à sucre que nous cultivons dans notre jardin du Lambert, à la Réunion, dans les Hauts de l’Etang Salé.

Attention. Pas n’importe quelles cannes. Pas ces variétés nomenclaturées Rxxx, créées par l’INRA, qui positionnent fièrement la France au premier rang des producteurs européens de sucre de canne.

J’ai délaissé ces cannes de compétition au profit de celles, oubliées car plus fragiles ou aux rendements en sucre plus faibles, aux noms exotiques, parfumées cependant, souvenirs de mon enfance. La canne Mapou, la canne Tamarin ou encore, cerise sur le gâteau pour un confiseur, la canne Bonbon.

Ce produit qui vous étonne si souvent se nomme le Galabé. Lorsque je vous en offre, je vous présente un sucre brut de canne non raffiné, que j’appelle crânement « Haute Couture de Notre tradition sucrière Réunionnaise ».

De quoi s’agit-il ?

Tout d’abord, précision géographique. Tous les pays ayant une histoire avec la culture de la canne possèdent leur recette de sucre brut de canne non raffiné. Ainsi, vous trouverez du « gur » ou « jaggery » en Asie du Sud, ou encore de la « chancaca », de la « panela », du « piloncillo » ou de la « rapadura » au Mexique et en Amérique du Sud. Le terme rapadura, d’origine brésilienne, est d’ailleurs plus connu en Europe : il a en effet été déposé en tant que marque par une société allemande. A la Réunion, nous avons notre Galabé.

Ensuite, précision technique. Le Galabé, sucre de canne complet, non raffiné, est le résultat direct de l’évaporation de l’eau contenu dans le jus de canne pressé.

Enfin, précision artisanale. De la même manière qu’il existe autant de versions de rougail saucisse que de familles le préparant, il existe autant de version de Galabé que de familles sachant encore le préparer. Il y a donc Galabé et Galabé…

Il existe 3 variables pour expliquer les différences que l’on rencontre à la dégustation :

  • la variété de canne que l’on presse (ce qui vous apparaîtra comme une évidence si je vous suggère de penser aux différences entre une pomme golden et une pomme granny smith)
  • le terroir (à variété identique, vous aurez de subtiles différences de notes aromatiques entre une canne plantée dans les Hauts de l’Ile et une canne plantée en bordure littorale)
  • la technique du cuiseur/confiseur

Le sucre roux, « goûteux » pour ceux qui ne connaissaient que lui jusqu’à présent, paraît bien fade une fois goûté un sucre brut de canne non raffiné. Et cependant, il s’agit de jus de canne. Pourquoi une telle différence de saveurs ?

Réglisse et miel, lors d’une dégustation de sucre brut de canne non raffiné, sont les notes aromatiques principales qui appellent quasi invariablement le qualificatif « incroyable ». Ces notes sont si fortes qu’il y a « lontan », on considérait le Galabé (en petits morceaux) comme une confiserie. Le saut quantique en termes de goût, de puissance, entre un sucre brut de canne non raffiné et un sucre roux industriel réside dans une différence fondamentale de processus. Une différence telle que l’on passe de « Tout » à « Beaucoup moins », voire « Presque rien ».

 

Je vous dévoile tout dans la prochaine Newsletter !

 

Pour vous abonner à la News Letter de La Caille Blanche : cliquez ici