NEWSLETTER #9 : Le Galabé, Trésor de la Tradition Sucrière Réunionnaise – juillet 2024

Découvrez le Galabé, sucre brut artisanal de La Réunion, issu de cannes anciennes cultivées à l’Étang Salé. Un trésor de la tradition sucrière, apprécié des chefs pour sa richesse aromatique unique.

Le Galabé : Trésor de la Tradition Sucrière Réunionnaise

Qu’est-ce que le Galabé ?

Le Galabé est un sucre brut de canne à sucre non raffiné, profondément enraciné dans la tradition sucrière de La Réunion. Pour ma part, je le fabrique à partir de variétés anciennes de canne à sucre cultivées dans mon jardin du Lambert, situé dans les Hauts de l’Étang Salé. Contrairement aux sucres industriels, le Galabé est le résultat d’un processus artisanal qui préserve toute la richesse aromatique de la canne.

Une Méthode de Fabrication Unique

  • Récolte des Cannes à Sucre : Les cannes sont récoltées à maturité, puis soigneusement brossées et lavées pour éliminer les impuretés.
  • Pressage et Extraction du Jus : Le jus est extrait par pressage, riche en saveurs naturelles.
  • Cuisson et Concentration : Le jus de canne est cuit lentement sans filtration à la chaux ni ajout de saccharose, pour conserver ses nuances aromatiques naturelles.

Un Profil Aromatique Inégalé

Déguster le Galabé, c’est vivre une expérience sensorielle : des notes de réglisse et de miel, une texture onctueuse, un goût profond et complexe. Autrefois considéré comme une confiserie à part entière, le Galabé se distingue radicalement des sucres raffinés.

Galabé vs Sucres Industriels

Les sucres industriels subissent un raffinage intensif qui supprime toute l’identité du produit. Le Galabé artisanal, lui, conserve les arômes originels de la canne, à l’image d’un rhum agricole face à un rhum industriel. C’est un produit d’exception, porteur de sens et de terroir.

Un Choix Prisé par les Chefs

Le Galabé a conquis les cuisines des chefs parisiens. Francesca Ronco, cheffe pâtissière du restaurant Alliance à Paris (une étoile Michelin), vient sélectionner elle-même les lots dans mon atelier. Elle choisit ses Galabés selon les variétés de canne pour créer des desserts d’exception, en accord parfait avec la richesse aromatique du produit.

Utilisations du Galabé

  • Sucrer les boissons : thés, cafés, cocktails
  • Desserts : gâteaux, crèmes, confiseries maison
  • Plats salés : viandes caramélisées, sauces exotiques

Conclusion

Le Galabé est bien plus qu’un sucre : c’est un symbole du patrimoine réunionnais, le fruit d’un savoir-faire ancestral et d’une exigence artisanale. L’intégrer à vos recettes, c’est soutenir une confiserie artisanale engagée et préserver un trésor de La Réunion.

Pour en savoir plus sur le Galabé, suivez-moi sur Instagram : @lacailleblanche
Ou passez me voir à l’atelier pour une découverte gourmande en personne.

NEWSLETTER #8 : Guimauve : le saviez-vous ? – mars 2021

Guimauve : le saviez-vous ? épisode II

 

Avant d’être la confiserie que nous connaissons en ce début de 21ième siècle, à savoir un bonbon à la texture souple et moelleuse, composé d’un arôme (naturel ou artificiel), d’un agent gélifiant (d’origine animale ou végétale), de glucose, de sucre et éventuellement de blanc d’œuf, la pâte de guimauve se trouvait en bonne place dans la dernière des 8 catégories du vaste domaine des confitures. Sur ce domaine régnait le « confiturier » ou « confiseur », marchand spécialisé dans leur fabrication et dans leur vente. Autres temps, autres mœurs : la catégorie qui nous intéresse était celle des conserves, ex apanage des apothicaires passés maîtres dans la composition de mélanges de sucre (produit rare et cher, venu du levant) et de plantes médicinales. L’objectif était fort simple : rendre l’absorption de ces dernières plus agréables. Ainsi, en ces temps lointains, lorsque la nature imposait ses saveurs aux plus fortunés, au rythme des saisons, et non l’inverse, la pâte de guimauve offrait aux gourmands le triple bénéfice d’une saveur sucrée fort prisée, aux vertus adoucissantes et résolutives (grâce à une décoction à base de guimauve officinalis), riche en fibre (grâce à la gomme arabique).

Plus tard, bien plus tard, la découverte du sucre de betterave ainsi que l’avènement d’innovations techniques et industrielles démocratisèrent l’accès à la confiserie, en permettant une production de masse à moindre coût. Nous sommes alors au 19ème siècle. Corollaire de cette évolution inéluctable, une qualité bousculée, au grand dam des confiseurs français. Ces derniers, fort mécontents, virent grandir leurs compétiteurs anglais et américains, plus attachés à de grandes quantités et à des coûts peu élevés. Dans les revues spécialisées de l’époque, au-delà des reproches d’utilisation abusive de produits et colorants nocifs pour la santé, on perçoit d’ailleurs un mépris subtilement distillé dans les présentations de recettes outre-Atlantique sur « cet article [pâte de guimauve] vendu bon marché et fabriqué le plus économiquement possible » (Le Journal des confiseurs-pâtissiers, chocolatiers, fabricants de biscuits, confitures, fruits confits, sirops, liqueurs – numéro du 15 août 1894)

Or, la pâte de guimauve, pour ne citer qu’elle, nécessitait à la fois minutie et main d’œuvre dans sa préparation. Soit un équivalent temps et coût matières incompatibles avec les enjeux de rentabilité économique. C’est ainsi que disparurent décoction de guimauve et travail de gomme arabique, au profit d’ingrédients qui n’avaient plus rien à voir avec l’utilisation des matières premières ayant vu naître la friandise.

Pour autant, le mal était-il fait ? S’ils les avaient jamais connues un jour, les gourmands avaient oublié depuis longtemps les origines d’une de leur confiserie favorite, attachés à ces morceaux de bonheur ouatés, mais distraits par leurs couleurs, leurs saveurs et leurs formes nouvelles déclinées à l’envie. Le plaisir était là, avait toujours été là et le serait toujours. Avec lui, soyez sereins, des artisans confiseurs curieux, passionnés, garants d’un savoir-faire, et surtout capables de vous proposer des produits travaillés à partir de matières premières choisies en conscience.

En ces temps compliqués, ce plaisir, offert de bon cœur, est ce qui importe le plus. Je dirais même qu’il est essentiel 😊!

 

Pour vous abonner à la Newsletter de La Caille Blanche : cliquez ici

 

 

NEWSLETTER #7 : Guimauve : le saviez-vous ? – février 2021

Guimauve : le saviez-vous ?

La guimauve se positionne dans le top 5 des bonbons les plus appréciés des français. Probablement grâce à sa texture moelleuse, légère et souple, qui lui confère son côté doux et tendre. Rassurant comme un doudou lorsqu’un besoin impérieux de réconfort vous presse d’en glisser un, voire deux, sur votre langue. Avec la volupté de croquer dans un nuage duveteux. Dont vous avez très envie qu’il vous enveloppe. Que vous soyez petit… ou grand !

Si malgré l’usage du terme « guimauve », vous ne voyez pas de ce dont il s’agit, alors vous faites partie des plus jeunes qui ne reconnaîtront ce bonbon que sous le nom d’une marque commerciale aux consonances anglo-saxonnes : chamallow.

Sans être vieux jeu, je suis attachée à son appellation française, autant que le sens du mot juste me fera dire « j’achète une bouteille de vin » et non « j’achète une bouteille de wine ». Cela, pour deux raisons.

La première, linguistique.

Avant d’être une confiserie, la guimauve est une plante vivace venue des steppes asiatiques bien avant l’ère chrétienne. Elle s’est acclimatée en Europe avec facilité, dans des terrains humides à marécageux, près des littoraux.

Son nom scientifique, Althaea officinalis L., dérive du grec althainô, « guérir ». Depuis l’antiquité, feuilles, tiges et racines sont utilisées en infusion, décoction et autres sirops, pour leurs propriétés adoucissante, émolliente, apaisante, en usage interne ou externe. Au siècle des Lumières, dans la « Nouvelle instruction pour les confitures, les liqueurs, les fruits. Où l’on apprend à confire toute sorte de fruits, tant secs que liquides & divers ouvrages de sucre qui sont du fait des officiers & confiseurs » (1715, réédition de 1692) la guimauve est même évoquée pour le « teint des dames ».

Son nom vernaculaire : « guimauve » en français, « marshmallow » en anglais (littéralement, la mauve -mallow- des marais -marsh).

D’où ma volonté affichée, en toute simplicité, de défendre la langue de Molière : nul besoin de chercher à l’étranger ce que j’ai sous la main. Circuit court linguistique en quelque sorte…

La deuxième, historique.

Sous la forme d’une pâte, la guimauve, jadis utilisée pour ses vertus médicinales, devient friandise à la fin du XVIIIe siècle. Réalisée à partir d’une décoction de racines de guimauve, de gomme adragante, et de sucre, elle quitte peu à peu pharmacies et apothicaireries pour migrer chez les confiseurs, qui la rendent plus souple, plus aérienne, la parfument à la fleur d’oranger. Deux innovations techniques françaises sont à l’origine de la texture que nous lui connaissons : le battage de la préparation pour lui donner du volume et l’introduction de blanc d’œuf monté en neige pour l’alléger davantage.

En désignant ce bonbon par son appellation française, « guimauve », je rends ainsi hommage à notre patrimoine gourmand. Je lutte, de façon pacifique, contre l’effacement facile d’une mémoire malmenée par le rythme effréné des temps modernes.

Ce même rythme, allié à des impératifs industriels et économiques, est à l’origine des évolutions de la composition de la pâte de guimauve. Dans les pâtes modernes, plus de guimauve. En lieu et place de gomme, des gélatines (d’origine animale ou végétale). En lieu et place de parfums naturels, des arômes (souvent). Dommage. Trois fois dommage…

Je vous explique tout cela dans la prochaine newsletter. Promis 😊 !

 

Pour vous abonner à la Newsletter de La Caille Blanche : cliquez ici

 

 

 

NEWSLETTER #6 : UN BONBON PLUS QU’UN SUCRE – janvier 2021

Galabé, épisode II

Souvent, très souvent, lorsque j’entame une discussion sur le Galabé avec des Réunionnais, on me dit : « ah oui, ce sucre fait à partir du sirop la cuite ».
Ou pire : « ah oui, ce sucre fait à partir de la mélasse » …

Avant d’aller plus loin, quelques précisions utiles sur les termes « sirop la cuite » ou « mélasse ».
Ces deux sirops ont en commun d’être des sirops de sucre réalisés lors d’un même processus industriel pour la fabrication du sucre.
Dans ce processus, le sirop passe par une filtration à la chaux avant d’entamer son cheminement de cristallisation.
De toutes les étapes de ce processus, le sirop la cuite est le premier sirop « lavé à la chaux », le plus riche en sucre.
La mélasse en revanche, est un sirop appauvri, « rincé », après une ou plusieurs phases de cristallisation. C’est à partir de la mélasse que l’on fait ensuite du rhum traditionnel (rhum industriel obtenu à partir de la distillation du résidu de la fabrication du sucre).
En résumé : le sirop la cuite et la mélasse sont les produits de deux étapes différentes d’un même processus industriel.

Pour tous les sucres industriels de la planète, roux ou blanc, de canne ou de betterave, les étapes sont identiques : récolte en masse, broyage en masse sans lavage préalable des fruits récoltés afin d’extraire un jus sucré, filtration à la chaux de ce jus pour floculer boues, impuretés et autres éléments nuisant à la cristallisation, ensemencement du jus « lavé à la chaux » par ajout de fin cristaux de saccharose déjà formés, cristallisation, récupération des cristaux en centrifugeuse, puis séchage.
Pour les sucres roux, des étapes supplémentaires existent afin d’obtenir un sucre de canne blanc, entièrement raffiné, qui ne sera plus que du saccharose (molécule qui compose le sucre blanc), sans aucune note aromatique.
Le sucre blanc de betterave étant lui aussi un concentré de saccharose, il est alors impossible, pour un palais « normal » de distinguer l’un de l’autre lors d’une dégustation en aveugle : le seul qualificatif qui pourra vous venir à l’esprit est : « sucré ».

Quid pour le Galabé

Le Galabé, issu de la tradition artisanale sucrière Réunionnaise, est au sucre blanc ce que le rhum agricole est au rhum industriel : d’un côté vous conservez toutes les subtilités des notes aromatiques des variétés de cannes différentes (ou pas) que vous travaillez, de l’autre, vous obtenez un produit standard sans caractère.

Lorsque les cannes sont à maturité, je les coupe, puis je les brosse et les lave avant de les presser et d’en récupérer le jus mis en cuisson pour cristallisation.
Aucune filtration à la chaux. Aucun ajout de saccharose. Un jus de canne goûteux aux notes spécifiques des cannes qui le composent. C’est tout.
Le sucre parfumé que j’obtiens, le Galabé, est brut, non raffiné, complet : il a tout gardé puisque je ne lui ai rien enlevé, à aucun moment (bien évidemment sauf l’eau contenu dans le jus, évaporée en cours de cuisson).
Et c’est cette différence fondamentale de processus, entre la fabrication d’un sucre industriel et celle d’un sucre artisanal, qui explique ce saut quantique en terme de goût.

Moins n’est pas toujours plus 😉 !

Pour vous abonner à la Newsletter de La Caille Blanche : cliquez ici

NEWSLETTER #5 : SUCRE OU BONBON – novembre 2020

Le Galabé en question…

Sur les marchés de producteurs ou les salons, il est un produit que j’aime particulièrement vous faire découvrir. Un produit issu de la canne à sucre que nous cultivons dans notre jardin du Lambert, à la Réunion, dans les Hauts de l’Etang Salé.

Attention. Pas n’importe quelles cannes. Pas ces variétés nomenclaturées Rxxx, créées par l’INRA, qui positionnent fièrement la France au premier rang des producteurs européens de sucre de canne.

J’ai délaissé ces cannes de compétition au profit de celles, oubliées car plus fragiles ou aux rendements en sucre plus faibles, aux noms exotiques, parfumées cependant, souvenirs de mon enfance. La canne Mapou, la canne Tamarin ou encore, cerise sur le gâteau pour un confiseur, la canne Bonbon.

Ce produit qui vous étonne si souvent se nomme le Galabé. Lorsque je vous en offre, je vous présente un sucre brut de canne non raffiné, que j’appelle crânement « Haute Couture de Notre tradition sucrière Réunionnaise ».

De quoi s’agit-il ?

Tout d’abord, précision géographique. Tous les pays ayant une histoire avec la culture de la canne possèdent leur recette de sucre brut de canne non raffiné. Ainsi, vous trouverez du « gur » ou « jaggery » en Asie du Sud, ou encore de la « chancaca », de la « panela », du « piloncillo » ou de la « rapadura » au Mexique et en Amérique du Sud. Le terme rapadura, d’origine brésilienne, est d’ailleurs plus connu en Europe : il a en effet été déposé en tant que marque par une société allemande. A la Réunion, nous avons notre Galabé.

Ensuite, précision technique. Le Galabé, sucre de canne complet, non raffiné, est le résultat direct de l’évaporation de l’eau contenu dans le jus de canne pressé.

Enfin, précision artisanale. De la même manière qu’il existe autant de versions de rougail saucisse que de familles le préparant, il existe autant de version de Galabé que de familles sachant encore le préparer. Il y a donc Galabé et Galabé…

Il existe 3 variables pour expliquer les différences que l’on rencontre à la dégustation :

  • la variété de canne que l’on presse (ce qui vous apparaîtra comme une évidence si je vous suggère de penser aux différences entre une pomme golden et une pomme granny smith)
  • le terroir (à variété identique, vous aurez de subtiles différences de notes aromatiques entre une canne plantée dans les Hauts de l’Ile et une canne plantée en bordure littorale)
  • la technique du cuiseur/confiseur

Le sucre roux, « goûteux » pour ceux qui ne connaissaient que lui jusqu’à présent, paraît bien fade une fois goûté un sucre brut de canne non raffiné. Et cependant, il s’agit de jus de canne. Pourquoi une telle différence de saveurs ?

Réglisse et miel, lors d’une dégustation de sucre brut de canne non raffiné, sont les notes aromatiques principales qui appellent quasi invariablement le qualificatif « incroyable ». Ces notes sont si fortes qu’il y a « lontan », on considérait le Galabé (en petits morceaux) comme une confiserie. Le saut quantique en termes de goût, de puissance, entre un sucre brut de canne non raffiné et un sucre roux industriel réside dans une différence fondamentale de processus. Une différence telle que l’on passe de « Tout » à « Beaucoup moins », voire « Presque rien ».

 

Je vous dévoile tout dans la prochaine Newsletter !

 

Pour vous abonner à la News Letter de La Caille Blanche : cliquez ici

NEWSLETTER #4 : UNE HUILE EXTRA – octobre 2020

Huile de coprah versus huile de noix de coco vierge

 

En ces temps d’information pléthorique où tout va très vite, trop vite parfois, l’ultra simplification est de mise, lorsqu’il ne s’agit pas de s’accommoder de raccourci facile.

Le consommateur pressé aurait donc tôt fait d’assimiler huile de coprah et huile de noix de coco : après tout, ne parle-t-on pas d’un produit extrait du même fruit ?

Question rhétorique en réalité : prêcher le faux pour connaître le vrai…

Commençons par l’huile de coprah.

L’huile de copra est réalisée avec de la chair de noix de coco déshydratée appelée coprah.

Le coprah est séché dans un four à bois ou au soleil pendant quelques jours, dans des localités du bout du monde.

Le coprah traverse ensuite les océans par bateau pour être acheminé vers une grande usine industrielle, souvent localisée en Europe ou en Asie.

A l’issue de ce très long périple, l’extraction de l’huile de coprah nécessite des équipements à grande échelle, à haute pression et donc à haute température. De plus, le coprah ayant été produit dans de conditions d’hygiène défavorables, l’huile qui en résulte est de mauvaise qualité avec un taux d’acides gras libres (AGL) bien supérieur à 3%. (Le taux d’AGL est une mesure du rancissement de l’huile; ce taux est inférieur à 0.2% pour une huile de noix de coco vierge de haute qualité).

A ce stade, pour obtenir un produit commercialement acceptable, l’huile de coprah doit être raffinée, blanchie et désodorisée. Le processus de raffinage utilise de l’acide chlorhydrique, des solvants et de la vapeur pour éliminer la contamination. Certains solvants résiduels restent dans l’huile. Le procédé élimine également les substances volatiles et les antioxydants naturels qui donnent à l’huile de noix de coco pure sa saveur et son arôme uniques.

Ainsi, le processus complet, de la ferme à l’huile raffinée, peut prendre plusieurs mois.

L’huile de coprah est notamment utilisée par l’industrie agroalimentaire pour fabriquer des pâtisseries. Elle sert également à faire de la margarine (vous souvenez-vous de la marque « végétaline » ?), ou peut être utilisée en savonnerie.

Quant à l’huile de noix de coco vierge ?

J’ai d’autant plus de plaisir et de facilité à vous décrire la méthode de fabrication de ce produit admirable, que je l’élabore moi-même dans mon CailleLab, depuis 2019.

Je commence par la sélection rigoureuse des noix de coco (bio) fraîches que je suis amenée à travailler : toute noix abîmée est écartée.

Ensuite, j’ouvre les noix, les râpe, les sèche, puis les presse manuellement.

Il me faut moins de 4 heures de temps entre le moment où j’ouvre les noix de coco fraîches et celui ou je procède à l’extraction de l’huile.

Mon processus de fabrication implique une chaleur douce et contrôlée : la chair de noix de coco fraîche, régulièrement brassée, est séchée à une température maximale de 42°C, puis immédiatement pressée.

Aucun chauffage après le pressage : cette méthode est considérée comme une pression à froid.

L’huile de noix de coco vierge ainsi obtenue, ne nécessite pas de raffinage : la saveur naturelle du coco est conservée, le produit est 100% pur, de qualité supérieure. Mon huile peut d’ailleurs être appelée Extra Vierge, car issue d’une seule et même pression.

En quelques mots : une huile comme la ferait nos grand-mères des îles, qui prend soin de vous avec amour.

En fait, comme tous les artisans qui aiment les produits qu’ils travaillent pour vous 🙂

NEWSLETTER #3 : CE PALMIER FABULEUX – septembre 2020

Noix de coco : une de mes matières premières favorites !

 

Quelle image vous vient à l’esprit si je souffle à votre oreille : « cocotier » ?

Laissez-moi deviner, avec un pourcentage proche des 100% quant à la probabilité de tomber juste.

Ile paradisiaque. Bord de mer. Arbre à la silhouette gracile élancé vers le soleil. En un mot : « vacances ».

Et vous auriez « presque » raison, car le « cocos nucifera » espèce de palmier de la famille des Arecaceae pousse dans les régions côtières subtropicales d’Asie (Inde, Philippines, Sri Lanka, Thaïlande, Indonésie) et d’Océanie, d’où il est originaire. Soit pour nous européens, dans des régions synonymes de voyage et de dépaysement. Le « presque » réside uniquement dans un détail anecdotique, par souci de précision de ma part : le cocotier n’est pas un arbre mais une plante monocotylédone.

Le cocotier fait partie des espèces végétales qui me fascinent, symbole des richesses mises à notre disposition par Mère Nature. Avec ces 710 variétés recensées dans le monde, Il compte en effet parmi les plus anciennes plantes utiles qui procurent à l’homme de nombreux produits, dans des domaines aussi variés que l’alimentation, l’artisanat, la construction, l’hygiène, l’habillement, l’ornement ou la pharmacopée. Des racines jusqu’aux feuilles, tout sera utilisé. Voilà pourquoi on l’appelle parfois « arbre aux cent usages » ou « arbre de vie ».

Aussi, lorsque nous nous croisons sur les marchés de producteurs, ne soyez plus surpris si je réponds « à tout » à votre question « à quoi sert votre huile de coco ».  Ce qui est valable pour l’ensemble du palmier, l’est aussi pour les produits que l’on en extrait.

Encore que, le « tout », chez moi, soit aujourd’hui limité à l’alimentation (chocolaterie ou biscuits – cannellamande, végan et sans gluten, tout coco…), l’hygiène (dentifrice, soins de la peau, soin des cheveux), la pharmacopée (en application sur des brûlures superficielles ou des inflammations liées à des piqures d’insectes), et même l’artisanat (cirage d’un meuble). Je suis convaincue de la non exhaustivité de ma liste personnelle dont je continuerai à découvrir d’autres champs des possibles à l’avenir.

S’agissant de l’huile de coco , je précise à présent qu’il existe deux produits de qualités bien distinctes : l’huile de coprah d’une part, l’huile de coco d’autre part.

La différence fondamentale entre ces deux huiles réside dans leurs modes de production  respectifs.

D’un côté, vous obtenez un produit industriel de masse dépourvu de substances volatiles et d’antioxydants naturels intéressants pour votre santé.

De l’autre, vous obtenez un produit artisanal aux multiples bienfaits, à la saveur et à l’arôme uniques.

Je vous laisse deviner quel a été mon choix lorsque en 2019, j’ai fait ce pari fou de produire moi-même cette huile fabuleuse dans mon CailleLab Clichois, en périphérie parisienne !

Afin d’éclairer parfaitement votre avis sur le sujet, je vous expliquerai tout en détail dans la prochaine Newsletter (celle du deuxième mercredi de chaque mois 🙂 ).

A bientôt !

 

Pour vous abonner à la News Letter de La Caille Blanche : cliquez ici

 

 

NEWSLETTER #2 : QUATRE EPICES – juillet 2020

Quatre-épices ? …ou Quatre-épices ?

 

Entre îles tropicales francophones, il arrive parfois que l’on utilise des noms différents pour désigner les mêmes produits. Ce qui est le cas par exemple pour les matchs dictame versus rouroute (arrow-root), christophine versus chouchou, dachine versus songe
A l’inverse, il arrive également que l’on désigne du même nom deux produits différents. Le match dont il est question ici : Quatre-épices versus Quatre-épices.

Dans ma NewsLetter #1, j’expliquai l’origine de la découverte de cet ingrédient par les occidentaux, à la faveur des explorations de Monsieur Christophe Colomb.
Ce dernier, croyant avoir atteint les Indes Orientales (alors qu’il croisait dans les eaux caribéennes) rapporta de son expédition les plans d’un arbre qui fût baptisé « bois d’Inde » ou arbre « Quatre-épices ».
Car figurez-vous, son fruit séché ou ses feuilles développent plusieurs arômes rappelant le poivre noir, le clou de girofle, la cannelle et la noix de muscade (…ou le gingembre …). Ce qui par la suite inspira très certainement la mise au point du mélange « quatre-épices » dont la recette a parcouru les siècles pour arriver jusqu’à nous.
Seulement voilà. Pour aller jusqu’au bout de cet exercice de définition, encore faut-il préciser un détail qui en réalité n’en n’est pas un. En effet, dans les pays francophones, le bois d’Inde (ou Quatre-épices) désigne deux variétés bien distinctes : Pimenta dioïca (Piment de la Jamaïque) et Pimenta racemosa.

A l’origine de ce doublon, réside le fait que ces deux espèces sont de proches cousines à l’ascendance commune (règne, sous-règne, division, classe, sous-classe, ordre, famille et genre sont identiques). Et dont les variétés principales dispensent la même note aromatique marquée de girofle. Dans le règne végétal, Pimenta dioïca est à Pimenta racemosa ce qu’un loup est au chien dans le règne animal : des similarités confondantes, avec pour autant de subtiles différences qui font leur singularité.

Singularité dans la forme des feuilles par exemple : lorsque pour Pimenta dioïca les feuilles sont entières, opposées, persistantes, oblongues-acuminées, luisantes, vert foncé, aux nervures bien apparentes, pour Pimenta racemosa les feuilles sont entières, opposées, persistantes, courtement pétiolées, petites et elliptiques, et de couleur vert sombre aux nervures peu marquées.
Aussi mais surtout, singularité dans leur chémotype (ou « race chimique »), ce concept désignant le mélange de composants aromatiques très complexes dotés de propriétés différentes* qui les caractérise.
Si pour Pimenta dioïca comme pour Pimenta racemosa la note aromatique principale qui se dégage est la girofle (dûe à la molécule d’eugénol, un des principaux composants du clou de girofle), Pimenta racemosa possède quant à elle une famille élargie à deux variétés complémentaires. L’une dégageant une note de citronnelle (variété rare), l’autre une note anisée (variété encore plus rare).

En synthèse, pour clore cette News Letter #2…
Lorsque vous entendez parler de bois d’Inde ou d’arbre de Quatre-épices, l’appellation désigne soit l’espèce Pimenta dioïca (Piment de la Jamaïque), soit l’espèce Pimenta racemosa.
Et lorsque moi je vous parle de l’arbre de Quatre-épices de mon jardin créole du Lambert, dans les hauts de l’Etang Salé, au milieu de l’Océan Indien, il est question de Pimenta dioïca, dont j’utilise la feuille pour parfumer mes biscuits, ou mon pain d’épices Réunionnais, ou encore mes tablettes volcaniques.

 

* Chaque espèce de « Quatre-épices » possède des propriétés et des utilisations différentes, sujet à part entière de newsletter…

 

 

Pour vous abonner à la News Letter de La Caille Blanche : cliquez ici

NEWSLETTER #1 : QUATRE EPICES – juin 2020

Quatre-épices, un mélange : vrai ou faux ?

 

Le commentaire est le même. Toujours. Sans exception. Sur les marchés de producteurs auxquels je participe, lors des expositions ventes ou les salons, lorsque je vous propose de goûter mes biscuits à la feuille de 4 épices, et avant même que vous ne les ayez en bouche. « Quatre-épices ? Oui, je connais. C’est avec ça que l’on fait les biscuits de Noël ou le pain d’épices ! C’est ce mélange, avec de la cannelle et puis, ah vous savez bien… ».

Et c’est heureux, je sais. Je sais ce que tout le monde a en tête, à savoir ce mélange de cannelle, de girofle, de muscade et de poivre (ou sa variante gingembre et poivre pour les deux derniers éléments), que l’on trouve dans le commerce.

Normal, que nous ayons tous le sentiment de si bien le connaître : il s’agit de l’un des plus anciens mélanges de la cuisine française, voire européenne. Déjà, en 1680, il est mentionné, dans le Dictionnaire François (P. Richelet) où le pain d’épices est décrit comme : « un composé de miel, de fleur de fégle (seigle) & des quatre-épices qu’on fait cuire au four & qu’on vend à la livre par pain, ou par petite pièce. ». Un siècle plus tard, en 1791, notre mélange apparaît encore plus précisément, dans le Dictionnaire raisonné universel d’histoire naturelle (Mr. Valmont-Bomare) : « on appelle quatre-épices, un mélange aromatique et réduit en poudre lequel est composé essentiellement de girofle, de muscade, de poivre noir et de cannelle ou de gingembre ; aujourd’hui on y ajoute de l’anis, de la coriandre, des macis, du piment de la Jamaïque, quelquefois aussi des herbes aromatiques comme thym, marjolaine & laurier ».

A ce stade, la réponse à notre première question est donc « VRAI ».

Cependant, cependant…l’Histoire est bien plus subtile. Et Mère nature bien généreuse.

Quelques siècles auparavant, en 1494, Christophe Colomb rapporta de son expédition de Jamaïque, les graines d’un arbre qu’il appela « bois d’Inde », pensant avoir trouvé les Indes Orientales.
Savez-vous quel fût l’un de ses petits noms de baptême sur les territoires francophones ? L’arbre de Quatre-épices*. Un arbre étonnant s’il en est, puisque son fruit séché ou ses feuilles développent plusieurs arômes rappelant le poivre noir, le clou de girofle, la cannelle et la noix de muscade (…ou le gingembre…). Loin de son berceau caribéen et d’Amérique Centrale, grâce à Pierre Poivre qui l’introduisit et le cultiva sur l’Isle de France (actuelle Ile Maurice), on le retrouve ensuite sur les îles de l’Océan Indien. Et aujourd’hui dans mon jardin créole du Lambert…ou dans mes biscuits à la feuille de 4 épices, ou dans mon pain d’épices Réunionnais, ou encore dans mes tablettes volcaniques

Sous ce nouvel éclairage, la réponse à notre première question est donc « FAUX ».

Cependant, cependant…en cuisine (toute discipline confondue), que valent ces avis tranchés ? Est-il important de savoir que votre recette a été élaborée avec une feuille ou un mélange, à partir du moment où vous avez plaisir à la partager ?
Important, peut-être pas. Utile, très certainement. Car la connaissance des produits que vous utilisez, en l’occurrence un mélange ou une feuille, permet d’expliquer toutes ces subtiles nuances aromatiques qui une fois en bouche font toute la différence. Et rendent vos créations uniques.

*Il existe différentes espèces d’arbre « Quatre-épices », sujet à part entière d’une prochaine newsletter.

 

Pour vous abonner à la News Letter de La Caille Blanche : cliquez ici